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Lorsqu’on prépare un long voyage, on imagine toujours pouvoir maîtriser son budget.
C’est ce que nous avions fait pour notre tour du monde : un budget par pays, un équilibre global.
Mais en Argentine… tout a volé en éclats.

Dès notre arrivée, nous avons compris qu’ici, prévoir ses dépenses est une mission impossible.
Les prix changent d’un jour à l’autre, parfois même entre le matin et le soir et en quelques mois les prix peuvent être multipliés par 6 comme évoqué dans mon précédent article
La baguette de pain achetée le matin coûtait plus cher le soir.
Et très vite, nous avons découvert un système monétaire unique au monde : le peso argentin, le dollar officiel… et le fameux dollar blue.

Une économie en montagnes russes

Difficile d’imaginer qu’en 1950, l’Argentine figurait parmi les 10 premières puissances mondiales.
Mais depuis la fin des années 1980, le pays vit au rythme de crises à répétition, d’inflation galopante et de dévaluations successives.
Depuis 2021, la situation s’est encore aggravée : le peso perd de la valeur presque chaque jour, pendant que les prix, eux, s’envolent.

Résultat : la monnaie ne vaut plus grand-chose, et les Argentins, comme les voyageurs, cherchent des alternatives.
C’est là qu’entre en scène le dollar blue, ce taux de change parallèle (mais toléré) qui permet d’obtenir jusqu’à 70 % de pesos en plus par rapport au taux officiel.

Le dollar blue, Western Union et le casse-tête des retraits

Au début, nous étions complètement perdus.
Entre les taux qui changent chaque jour, les distributeurs souvent vides, les files d’attente interminables et les frais exorbitants, retirer de l’argent relevait du parcours du combattant.

Nous avons vite découvert que Western Union était la solution la plus pratique :
on se transfère de l’argent à soi-même, puis on retire des pesos dans une agence locale, au taux du dollar blue, sans frais ou presque.
Un vrai soulagement après plusieurs jours d’essais et d’erreurs.

Les astuces locales : “Retiro en efectivo” et créativité argentine

Le mieux aurait évidemment été de venir avec des euros ou des dollars, pour profiter du taux parallèle dès le départ. Mais à cette étape du voyage, nous n’en avions plus.
Nous avons donc dû composer avec le système local, un mélange de débrouille et d’ingéniosité.

Nous avons aussi découvert le “Retiro en efectivo”, un service proposé dans certains supermarchés, pharmacies ou stations-service : il permet de payer par carte et de demander un retrait en espèces au moment du paiement.
Une manière simple et pratique de récupérer du liquide sans passer par les distributeurs, souvent vides ou surtaxés. Ce service n’est pas disponible partout, mais il sauve bien des voyageurs.

Ce ne sont pas les espèces les plus fortes qui survivent, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux au changement. Charles Darwin

Et puisque le peso ne vaut presque plus rien, je te laisse imaginer le nombre de petites coupures que tu reçois quand tu retires l’équivalent de 400 €. Célian a cru que nous étions devenus riches !
Il faut littéralement y aller avec un sac à dos : tu repars les bras chargés, ton sac gonflé de billets…
Et, parfois, quand le commerçant manque de monnaie, on te rend la différence en bonbons.
Oui, en bonbons. Ce n’est pas une blague, c’est l’Argentine !

Jeune voyageur souriant tenant une liasse de billets de pesos argentins après un retrait à Buenos Aires, symbole de l’inflation et du coût de la vie en Argentine.
Le sourire avant de réaliser qu’il faut un sac entier pour transporter l’équivalent de quelques centaines d’euros : bienvenue en Argentine, où chaque retrait devient une aventure.

Vivre à crédit : un art de vivre à l’argentine

Les Argentins, eux, s’adaptent depuis longtemps.
Ils jonglent avec les cartes, les taux et les offres. Beaucoup vivent à crédit, pour tout et pour rien : électroménager, vêtements, repas, vacances…
Le paiement en plusieurs fois fait partie du quotidien, presque un art de vivre.

Et malgré ces défis économiques, le peuple argentin garde une énergie incroyable.
Toujours optimiste, toujours tourné vers demain.
Au moment où j’écris ces lignes, l’arrivée au pouvoir de Javier Milei suscite l’espoir d’un changement économique profond.
Il est encore trop tôt pour savoir ce que cela donnera, mais une chose est sûre : les Argentins ne manquent jamais de ressources pour s’adapter.

En résumé

L’Argentine, c’est un pays où tout change tout le temps, les prix, les billets, les règles du jeu.
Mais c’est aussi un pays d’une vitalité incroyable, où la débrouille, la solidarité et la passion remplacent la stabilité. Un pays qui déroute, qui amuse, qui épuise parfois… mais qui fascine toujours. Rendez-vous dans la région de Mendoza pour poursuivre la visite de ce pays.


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