Nous ne pouvions pas venir jusqu’à Mendoza sans pousser jusqu’au parc provincial de l’Aconcagua, qui abrite le plus haut sommet d’Amérique du Sud et même du continent américain !
Un colosse de 6962 mètres, presque irréel, à peine à 200 kilomètres de là. Impossible de manquer ce rendez-vous.
Et pour cette excursion, nous avons décidé de faire confiance au fils de la patronne de notre hôtel, Italo.
Sympathique, bien plus que sa mère, au passage, qui avait “oublié” de préciser sur Booking que la piscine était hors service et que le petit-déjeuner, servi tardivement, relevait davantage du symbole que du repas, sans le sourire évidemment.
C’est donc avec Italo et sa vieille Golf de 295 000 km que nous avons embarqué pour cette journée… dont nous ne soupçonnions pas encore la tournure.
Entre repos impossible et vraie fatigue
À ce stade du voyage, cela fait deux mois et demi que nous vivons ensemble H24.
Et même si nous avons la chance incroyable d’être en tour du monde, l’organisation quotidienne (hôtels, transports, activités, repas,…) commence à devenir lourde. La fatigue se fait ressentir, les tensions se multiplient, et les reproches fusent parfois. Indéniablement les doutes s’installent, allons-nous réussir à poursuivre l’aventure ensemble ?
Néanmoins je peine à imaginer rester à ne rien faire d’autre que de me reposer alors que nous sommes ici, au bout du monde et que nous avons tout à découvrir.
Alors nous avons choisi de confier les rênes de cette journée à Italo, dans l’espoir de souffler un peu.
Mais avec lui, la journée allait être tout sauf reposante.
Ce ne sont pas les montagnes que nous conquérons, mais nous-mêmes. Edmund Hillary
Premier arrêt : Puente Colgante et panorama grandeur nature
Notre première pause se fait au Puente Colgante, un pont suspendu où les voyageurs les plus téméraires peuvent s’offrir un saut à l’élastique. Nous passerons notre tour : l’aventure a ses limites.
Nous nous contentons d’admirer l’audace des courageux… et le paysage grandiose.

Nous poursuivons ensuite vers la digue de Potrerillos, un véritable bijou turquoise posé dans un décor de montagnes ocres.
Un spectacle qui nous fait immédiatement oublier l’idée initiale de “nous reposer” en prolongeant notre séjour à Mendoza.

Le Mirador de l’Aconcagua : rencontre avec un géant
Nous faisons une pause à Puente del Inca, lieu chargé d’histoire où les roches se parent de couleurs surnaturelles. Puis nous atteignons enfin le mirador de l’Aconcagua.
Bonne surprise : l’entrée est gratuite aujourd’hui car les toilettes sont HS.
Les stations de ski ayant fermé mi-octobre, nous ne chausserons pas les skis cette année.
Un petit regret pour nous qui adorons cette parenthèse hivernale chaque année. Ce n’est que partie remise pour 2026.

Mais les sommets enneigés sont encore là, eux et nous nous retrouvons face à ce colosse si majestueux. Vous connaissez les mini-pouces ? Voilà comment je me suis sentie face au géant. Si plusieurs treks sont possibles tous ne sont pas ouverts à cette saison et un permis est nécessaire si vous souhaitez rester plus d’une journée dans le parc ou vous lancer dans l’ascension du mont. La boucle de 2 kilomètres jusqu’à la Laguna de los Horcones est facile et mène à un beau panorama entre rivières et prairies.
Nous partageons le mirador avec quelques visiteurs et croisons des oiseaux aux petites crêtes que j’appelle affectueusement “les punks”, ils sont trop drôles.
Et puis, sur le chemin du retour, surgit une harde de chevaux au galop. Une scène digne d’un film, un instant j’ai vraiment cru être en plein tournage d’un western.
L’un de ces moments hors du temps, une vraie déconnexion.

Un retour… mouvementé
Tout au long de la journée, Italo nous réclame des avances pour mettre de l’essence.
Puis “oublie”, volontairement ou non, de refaire le plein.
Avec l’aiguille dangereusement proche du zéro, nous renonçons à continuer jusqu’à El Cristo Redentor, à la frontière chilienne, étape pourtant incontournable de la région. Mais l’idée de finir la journée en panne sèche sur la route nous refroidit rapidement.
Un désaccord sur le prix de la prestation finit par mettre un point final à cette collaboration mouvementée.
Italo n’aura finalement pas été plus aimable que sa mère … assez par contre pour nous convaincre de changer de logement. Depuis notre départ c’est bien la 1ère fois que l’humain nous déçoit.
Une parenthèse essentielle : les Termas de Cacheuta
Pour apaiser les tensions et finir cette étape en beauté, nous nous offrons une journée détente aux Termas de Cacheuta. Le cadre parfait pour souffler après les dernières semaines.
Ici, on retrouve les fameux asados dont je vous parlais dans l’article sur Buenos Aires :
les familles arrivent les unes après les autres, glacière sous le bras, prêtes à partager une journée entière de barbecue, de rires et de détente.
Les thermes sont alimentés par des sources chaudes naturelles, et les bassins oscillent entre 28 °C et 35 °C.
Entre le parfum du grill, les piscines naturelles intérieures et extérieures et la chaleur du soleil, c’est une vraie pause bienvenue.
Ce jour-là, le ciel était d’un bleu éclatant et la chaleur bien présente.
Parfait pour prolonger notre bronzage estival en plein printemps argentin, et faire le plein de vitamine D avant de quitter cette région le lendemain pour un changement complet d’ambiance :
direction la Patagonie, où il faudra troquer les maillots de bain contre les bonnets et les gants.

Rendez-vous pour la prochaine étape à San Carlos de Bariloche.
Mais avant de partir, j’aimerais savoir : selon vous, qu’est-ce qui pèse le plus dans un voyage au long cours : la fatigue, l’organisation… ou la cohabitation 24h/24 ?
Je suis curieuse de vous lire !