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La Bolivie m’a surprise, bousculée, émerveillée.
Un pays d’une richesse inouïe, où chaque région semble appartenir à un autre monde. Ici, en quelques jours, on traverse les neiges éternelles, les déserts lunaires, les vallées colorées et les canyons dignes du Far West.

Ce qui m’a frappée, c’est que la Bolivie, c’est plusieurs pays en un seul, un tout en un. Un condensé d’Amérique du Sud à elle seule, mais sans tourisme de masse où on change encore de l’argent au coin d’une rue, où les tenues traditionnelles font partie du quotidien comme un retour dans le passé. Moins développée que le Pérou voisin, elle offre quelque chose de plus rare : l’authenticité brute. Celle qui ne se met pas en scène, celle qui se vit.

Sajama, la porte des Andes

Notre premier coup de coeur avec la Bolivie fut le parc national de Sajama. Les sommets enneigés, les lagunes d’altitude, les troupeaux d’alpagas et les sources d’eau chaude fumantes : un décor d’une beauté sauvage, presque silencieuse.
Ici, tout invite à la lenteur. À la marche. À la gratitude.

Manger dans les petites tiendas de village, observer les enfants jouer avec un rien qui devient un tout, croiser un sourire dans le froid du matin… Sajama a posé le ton de ce que serait notre voyage : vrai, simple, profondément humain.

Paysage de montagne en Bolivie, avec des habitations traditionnelles en pierre et toit de chaume au premier plan, et un volcan enneigé à l’arrière-plan sous un ciel nuageux.
Notre arrivée à l’entrée du parc Sajama, dominé par le majestueux volcan du même nom.

Uyuni, le rêve blanc

Puis vint Uyuni, et son désert de sel mythique. Le plus grand au monde.
Marcher sur cette mer blanche, se laisser éblouir par la lumière, jouer avec les perspectives et se perdre dans le silence, c’est toucher quelque chose de l’éternité.

Nous y avons vécu des instants magiques : un coucher de soleil flamboyant, une étoile filante, un apéritif improvisé dans le plus grand décor naturel du monde.
La Bolivie, à ce moment-là, m’a prise par la main pour me rappeler que le bonheur est souvent une question de présence.

Femme souriante portant des lunettes de soleil, prenant un selfie à côté d’un 4x4 sur le Salar d’Uyuni en Bolivie, vaste étendue blanche de sel sous un ciel bleu.
Moi en 4×4 dans le Salar d’Uyuni, l’un des plus grands déserts de sel au monde.

Sucre, sur les traces des Incas et des dinosaures

De l’immensité blanche, nous avons plongé dans Sucre, la ville blanche de Bolivie et aussi la capitale. Ici, tout change : l’altitude, le climat, l’atmosphère. Sucre, c’est la douceur après la rudesse, la culture après la nature mais aussi une terre emprunte de liberté et un haut lieu de la gastronomie.

Avec Hugo, notre guide passionné, nous avons arpenté les chemins incas, foulé des sols vieux de 70 millions d’années où reposent encore les empreintes de dinosaures. Les montagnes explosent de couleurs : rouges, vertes, ocres, jaunes.
Hugo nous a transmis la spiritualité andine, la croyance en la Pachamama, la Terre Mère, omniprésente dans le quotidien des Boliviens.
Nous avons participé à un petit rituel : alcool versé en croix, bougies colorées, prières murmurées. Un moment de recueillement simple, mais fort.

La Bolivie, c’est aussi cela : un peuple profondément croyant, oscillant entre catholicisme et traditions ancestrales, entre modernité et mémoire.

Tupiza, le Far West bolivien

Dernière étape de notre voyage : Tupiza, dans le sud du pays, un clin d’oeil à la côte ouest américaine.
Un décor de western, des canyons rouges, des formations rocheuses sculptées par le vent. Ici a été tourné le film Blackthorn, sin destino en 1988, et l’on comprend pourquoi.

Nous avons enfourché nos chevaux pour une balade de 16 kilomètres à travers la vallée de Los Machos, la Porte du Diable et le canyon des Incas. Ma jument s’appelait Chanel, un clin d’œil involontaire à l’esthétisme et au luxe à la française, contraste amusant dans ce décor de poussière et de soleil.

Clem a pu galoper, heureux comme un enfant. Célian et moi sommes restés au pas, savourant chaque instant. Eddy, notre guide, veillait attentivement sur chacun de nous.

Mais au-delà de la beauté, une réalité s’impose : le voyage n’exclut pas la prudence. Quelques jours avant notre passage, un grave accident a eu lieu : un jeune enfant, sans bombe, traîné sur plusieurs mètres. En voyage, on peut parfois devenir insouciant, oublier que les paysages idylliques n’effacent pas les dangers. Porter une bombe, ce n’est peut-être pas “Instagrammable”, mais c’est essentiel.

Le goût d’inachevé

Pour la première fois depuis notre départ, nous avons choisi de lever le pied.
Quatre jours dans un hôtel avec piscine, à flâner, à écrire, à rêver.
La fatigue accumulée laissait place à une douce mélancolie.

Avant de quitter le pays, j’avais formulé un vœu : offrir de notre temps en famille dans un orphelinat à Sucre, partager un peu de chaleur humaine pendant une quinzaine de jours. Mais la demande a été acceptée trop tard. Un goût amer, celui de ne pas avoir pu donner autant que reçu.

J’aurais aimé aussi explorer le parc de Torotoro et la région de Santa Cruz mais aussi dépasser ma peur pour explorer la partie amazonienne du pays. Autant de promesses qui m’appellent déjà à revenir.

Ce que la Bolivie m’a appris

La Bolivie m’a profondément touchée. Par sa diversité, sa rudesse, sa vérité.
C’est un pays qui ne cherche pas à plaire, et c’est ce qui le rend si attachant.

On y découvre une nature grandiose, un peuple fier et discret, une authenticité qu’on ne croise plus si souvent.
La Bolivie ne se consomme pas, elle se mérite.
Elle m’a laissée avec une certitude : je reviendrai.

Le plus beau voyage, c’est celui qui nous ramène à l’essentiel.

La Bolivie s’efface doucement dans le rétroviseur, mais son empreinte restera durable.
Dans quelques jours, nous prendrons la route vers une nouvelle destination.
Un pays de tango et de grands espaces. De montagnes rouges et de vins généreux.
Mais chut… je vous en dis plus mercredi !

En attendant, si vous avez manqué un épisode, retrouvez ici nos précédents récits :


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