Nous avons quitté Iguazú et ses chutes spectaculaires pour rejoindre Buenos Aires, après plus de 20 heures de bus de nuit. Un long trajet, certes, mais finalement, voyager de nuit en bus c’est très pratique : le temps passe plus vite, on profite du confort à bord, et on économise une nuit d’hôtel.
Et nous voilà dans la capitale de l’Argentine.
Jusqu’ici, les grandes villes d’Amérique du Sud ne m’avaient pas vraiment séduite. Que ce soit Lima ou La Paz, j’avais souvent hâte de retrouver la nature et les grands espaces. Mais Buenos Aires m’a surprise. Moi qui ne suis pas trop citadine, je suis tombée sous le charme de cette métropole palpitante, pleine de contrastes, de musique, d’histoire et de vie. Je crois même que je pourrais y vivre, ou du mois y rester bien plus longtemps.
Buenos Aires est une ville qui ne dort jamais, parce qu’elle rêve tout éveillée. Jorge Luis Borges (écrivain argentin)
San Telmo, le cœur battant de Buenos Aires
Pour nous, le voyage rime aussi avec plaisirs des sens, et notamment avec la gastronomie. Et que rêver de mieux, à Buenos Aires, que de loger à deux pas du marché de San Telmo, le plus emblématique de la capitale ?
Ce quartier mythique, l’un des plus anciens de la ville, regorge de trésors pour éveiller nos papilles et nos yeux. Ici, tout est mouvement : la vie, les couleurs, la musique, les sourires, et cet accent argentin si chantant. Sans oublier, les odeurs, bien sûr.
C’est d’ailleurs ici que nous avons goûté nos premières empanadas (petits chaussons garnis en forme de demi-lune), grâce à une adresse dénichée sur le groupe Facebook Les Français en Argentine. Même si, avec l’inflation, les prix avaient été multipliés par 6 ou 7 en quelques mois seulement, nous nous sommes régalés : au fromage, au bœuf, au poulet ou encore aux légumes, chaque bouchée était un pur délice.
Fondé en 1897, le Mercado de San Telmo est un incontournable du quartier bohème de Buenos Aires. Entre stands d’antiquités, spécialités locales et ambiance rétro, on y savoure l’âme authentique de la ville.
Et comme une belle surprise n’arrive jamais seule, dans ce célèbre quartier, j’ai eu le plaisir de retrouver une vieille amie d’enfance…Mafalda ! Ici, la célèbre petite héroïne argentine est une véritable star, et croiser sa statue dans les rues de San Telmo, c’est un peu comme renouer avec un souvenir d’enfance au détour d’une promenade.
À San Telmo, la célèbre Mafalda et ses amis accueillent les visiteurs sur un banc emblématique du quartier. Une touche d’humour et de nostalgie au détour d’une promenade.
Puerto Madero, entre modernité et élégance
Il ne faut pas oublier que Buenos Aires est avant tout une ville portuaire. C’est donc tout naturellement que nous sommes partis découvrir Puerto Madero, le quartier d’affaires par excellence, symbole du renouveau de la capitale.
Ici, tout invite à la flânerie. Le quartier, entièrement piéton, est idéal pour se promener le long des docks, entre anciens entrepôts de briques rouges soigneusement rénovés et immeubles de verre ultra-modernes ou encore bâtiments de type haussmanien. Ce contraste entre passé industriel et architecture contemporaine reflète parfaitement l’esprit de Buenos Aires : à la fois ancrée dans son histoire et tournée vers l’avenir.
Une ville se découvre à pied, en s’y perdant un peu. Paul Auster
Symbole du renouveau de Buenos Aires, le Puente de la Mujer relie passé et modernité dans le quartier branché de Puerto Madero.
Si nous n’avons pas eu l’occasion de prendre des cours de tango, nous avons tout de même eu la chance d’assister à une démonstration en plein air, sur le célèbre Puente de la Mujer. Et finalement, quoi de plus évident que de voir naître quelques pas de tango à cet endroit précis ? Ce pont, avec ses lignes élancées et sa grâce féminine, a été imaginé comme une allégorie de la danse : une célébration du mouvement, de l’équilibre et de la beauté. C’était magnifique à voir, une danse à la fois élégante, sensuelle et puissante, qui ne doit pas être facile à maîtriser. Une parenthèse enchantée, entre ciel, eau et musique, à l’image de Buenos Aires : vibrante et romantique.
La Boca, le quartier haut en couleur
Même s’il n’a pas la meilleure réputation, La Boca a été pour moi un véritable coup de cœur. C’est sans doute le quartier le plus populaire de Buenos Aires, et aussi l’un des plus emblématiques. Ici, tout n’est que couleur, musique et énergie. Les façades bariolées, les balcons décorés, les fresques murales… La Boca, c’est un arc-en-ciel à ciel ouvert, un musée vivant où l’art et la rue ne font qu’un.
On y vient pour flâner dans ses ruelles animées, assister à des spectacles de rue, déjeuner dans un petit restaurant local ou chiner dans les boutiques artisanales. De quoi passer une journée pleine de vie et d’émotions.
Derrière cette entrée haute en couleurs, “El Conventillo de los Sueños” dévoile tout le charme de La Boca : art, artisanat et ambiance bohème se mêlent dans un tourbillon de vie.
Mais La Boca, c’est aussi une autre passion, presque une religion : le football. Le quartier est le berceau de Maradona, figure mythique du pays, et abrite le célèbre stade de La Bombonera, temple du club Boca Juniors. Ici, impossible d’y échapper : Maradona est un dieu, et le foot, une véritable foi nationale.
À chaque coin de rue, on ressent cet amour viscéral pour le ballon rond. On dit qu’en Argentine, il y a près de 70 heures de football diffusées chaque semaine à la télévision. Les enfants grandissent avec un ballon au pied, et pour beaucoup, le foot représente la fraternité, la camaraderie, le rêve d’une vie meilleure. De belles valeurs, même si, parfois, certains excès viennent à mon avis en ternir l’image…
À La Boca, tout rappelle la passion du pays pour le ballon rond. Maradona, Messi, et des générations de supporters font battre le cœur de Buenos Aires au rythme du football.
Nous avons quitté le quartier en fin d’après-midi, suivant les conseils des locaux, car La Boca reste un quartier populaire, où la prudence est de mise à la tombée de la nuit. Mais malgré cette ombre au tableau, c’est un lieu que je garderai longtemps en mémoire : vibrant, coloré, sincère et profondément argentin.
L’asado, un festin argentin au cœur de La Boca
Et c’est aussi dans ce quartier haut en couleur que nous avons découvert une autre facette de la culture argentine : sa gastronomie. À El Gran Paraiso, une adresse très prisée de La Boca, nous avons goûté à l’incontournable asado, véritable institution nationale.
En Argentine, partager un asado, c’est bien plus qu’un repas : c’est un moment de convivialité, de famille et de tradition.
Il faut dire que l’Argentine est le premier consommateur de viande bovine au monde : ici, le bœuf est roi… mais pas seulement. L’asado, ce n’est pas qu’un repas : c’est une tradition profondément ancrée dans la culture argentine, un moment de partage et de convivialité.
Dans chaque maison, chaque cour, chaque immeuble, il y a un barbecue, souvent appelé parrilla. Même dans les appartements que nous avons loués, il y en avait un ! C’est dire à quel point le feu, la viande et la rencontre font partie du quotidien ici.
Dans les rues, la fumée des asados se mêle aux rires et aux discussions animées : familles, voisins, amis se retrouvent autour du gril comme on se retrouverait, chez nous, autour d’une grande tablée. Tout comme le maté (cf mon article ici), l’asado est avant tout un moment de partage, un rituel social, presque sacré, où l’on prend le temps de se retrouver et de célébrer la vie.
Nous avons savouré un assortiment de viandes grillées au barbecue, parfaitement cuites, tendres et savoureuses. Un vrai festin, à partager en famille, dans une ambiance conviviale et authentique.
Au cœur de ce quartier vibrant, cette expérience fut un nouveau coup de cœur, une immersion dans la culture argentine du goût, du feu et du lien humain.
El Ateneo Grand Splendid, joyau culturel du quartier Recoleta
Impossible de quitter Buenos Aires sans parler de culture. Au cœur du quartier élégant de Recoleta se trouve l’une des plus belles librairies au monde : El Ateneo Grand Splendid.
Installée dans un ancien théâtre inauguré en 1919, elle a conservé tout son charme d’antan : balcons ornés, dorures, rideaux de velours, plafond peint, et même la scène transformée en café. Classée par The Guardian parmi les plus belles librairies du monde, elle attire chaque année des milliers de visiteurs venus s’émerveiller de ce décor grandiose.
Nous y avons passé des heures à déambuler entre les étages, portés par cette atmosphère si particulière, propre aux lieux où les livres règnent encore en maîtres. Grande lectrice, les livres me manquent depuis le début de notre voyage. Même si j’ai investi dans une liseuse, rien ne remplace le plaisir du papier : tourner les pages, stabiloter, annoter, ressentir.
Pouvoir passer quelques heures dans cet univers m’a fait un bien fou. Et, évidemment, nous n’avons pas résisté : nous sommes repartis avec un petit livre en format poche, histoire de ne pas trop alourdir nos sacs… mais de repartir le cœur plus léger.
Ancien théâtre reconverti en librairie, El Ateneo Grand Splendid est un joyau architectural où les livres ont remplacé les spectateurs.
L’Ecoparque : un havre de nature au cœur de Palermo
Enfin, dernier coup de cœur, et cette fois, c’est un coup de cœur nature, et oui en plein cœur de la capitale ! Situé dans le quartier animé de Palermo, l’Ecoparque est un espace animalier gratuit, magnifiquement entretenu, et surtout, un véritable poumon vert au milieu de Buenos Aires.
C’est un lieu paisible où les habitants viennent courir, flâner ou simplement respirer. Ici, la nature a toute sa place : les allées sont bordées de magnifiques arbres, les oiseaux circulent librement, et l’on oublie presque le tumulte de la ville.
Nous y avons fait connaissance avec une espèce aussi étonnante qu’attachante : les maras patagoniques, un curieux mélange entre le lièvre et le kangourou, typique d’Argentine. Les observer évoluer librement dans cet environnement verdoyant fut un vrai moment de sérénité.
La mara patagonique, drôle de rongeur aux airs de petit kangourou, symbolise la quiétude retrouvée au cœur de l’Ecoparque.
L’Ecoparque, c’est un peu la respiration de Buenos Aires : un endroit où la nature reprend ses droits, où l’on ralentit enfin le pas, et où l’on retrouve, le temps d’une promenade, un profond sentiment d’équilibre.
Buenos Aires, vibrante et multiple
Entre ses quartiers contrastés, sa culture foisonnante, sa gastronomie généreuse et ses espaces verts inattendus, Buenos Aires a su me toucher plus que je ne l’aurais imaginé. Moi qui ne suis pas citadine, j’ai trouvé ici une capitale vivante, artistique, passionnée et profondément humaine. Un concentré d’Argentine à elle seule même si BA est décrite comme la ville la plus européenne en dehors de l’Europe.
Chaque lieu où l’on s’arrête devient un fragment de soi. Sylvain Tesson
Mais l’aventure ne s’arrête pas là. Cap maintenant sur une toute autre ambiance : celle des vignes et des Andes.
Rendez-vous la semaine prochaine pour notre prochaine escale à Mendoza, entre montagnes, bodegas et saveurs d’altitude.
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