Avant même de poser nos valises au Chili, j’avais pourtant beaucoup de projets.
En parcourant le guide du Routard, les idées fusaient, les envies aussi : des lieux à découvrir, des paysages à explorer, des détours à imaginer…mais la réalité nous a rattrapés.
Ces dernières semaines avaient été éprouvantes, bien plus que je ne l’avais anticipé.
La fatigue accumulée au fil des mois a fini par prendre le dessus, même si les tensions entre Clément et moi s’étaient apaisées et que nous avions célébré nos 14 ans de vie commune, une étape importante, précieuse.
Il y avait eu les conflits, bien sûr mais aussi le décès de Papa, notre retour imprévu en France, et tout ce quotidien à réorganiser dans l’urgence.
Et puis cette charge mentale que j’avais portée presque seule : chercher les logements, organiser les trajets, trouver où déjeuner, où dîner, planifier les activités… car comme je l’avais évoqué dans un précédent article, j’ai tout fait au fil de l’eau Je ne me plains pas, c’était mon choix, et cela correspond à mon mode de fonctionnement mais avec du recul, vouloir organiser toute l’Amérique du Sud, soit 4 pays en 4 mois, quasiment seule… était sans doute un peu prétentieux.
Le Chili gardera donc pour moi un goût de reviens-y sans regrets pour autant car le programme que j’avais imaginé aurait été bien trop éprouvant dans l’état de fatigue qui était le nôtre.
Nous avions besoin de ralentir, de nous poser, de recharger les batteries avant de reprendre la route et de pouvoir profiter pleinement du prochain continent.
Et c’est précisément pour cela que Horcón s’est imposé comme une évidence.

Horcón : une parenthèse au bord du Pacifique avant un grand départ
Pour cette pause, l’envie d’un endroit face à l’océan, loin de l’agitation, propice au repos, aux silences, aux couchers de soleil… et aux bilans.
Alors j’ai ouvert la Bible du voyageur, le guide du Routard et dès les premières lignes, j’ai su.
C’était là que je voulais terminer cette incroyable traversée du continent sud-américain : à Horcón.
Un lieu discret, peu touristique, hors des itinéraires classiques, exactement ce dont nous avions besoin.
Un trajet déjà plein de vie
Depuis Valpo, nous avons embarqué dans un collectivo pour un trajet d’environ 3h.
Un voyage à lui seul mémorable :
- un chauffeur à la conduite… disons sportive,
- des vendeurs ambulants montant et descendant du bus,
- des passagers improvisant des sièges avec… un pneu.
Autant dire que nous avons beaucoup ri, l’Amérique du Sud dans toute son authenticité.
Un logement hors du temps
À notre arrivée, direction notre logement, et là… l’extase sans hésiter, le plus beau depuis le début de notre aventure :
- une décoration soignée, chaleureuse,
- chacun sa chambre,
- et surtout… une vue imprenable sur l’océan Pacifique, en première ligne, avec un balcon suspendu face à l’infini.
Un de ces endroits où l’on pose ses valises… et où le temps ralentit instantanément.
Horcón, un petit port au charme fou
Très vite, nous sommes partis explorer ce petit port de pêche plein de caractère, en longeant la plage.
Ici, la nature est partout : des oiseaux par centaines, des lions de mer se prélassant sur les rochers, une impression constante d’être dans une réserve naturelle à ciel ouvert.
Pas besoin d’en faire trop : Horcón se suffit à lui-même.

Plages sauvages et moments suspendus
Le lendemain, direction la plage de Cau-Cau, un lieu brut, sauvage, presque désert.
Nous n’y avons croisé qu’une maman et sa fille jouant dans les vagues malgré la fraîcheur de l’eau, et un apprenti surfeur tentant sa chance. La mer était froide, mais l’atmosphère incroyablement apaisante.
Puis est venu un moment rien qu’à nous.
Un déjeuner en amoureux pour célébrer nos 14 ans de vie commune.
Le personnel du restaurant avait préparé une petite décoration, un brin kitsch, mais tellement attentionnée et touchante. Nous sommes touchés, heureux de partager ce moment ensemble tout simplement.

Des scènes que l’on n’oublie pas
Et non, ce n’était pas l’effet de ce cocktail incroyable …pendant l’apéritif, un lion de mer est venu s’échouer tranquillement sur la plage, juste sous nos yeux comme s’il avait décidé de partager ce moment avec nous.
Cerise sur le gâteau : un musicien s’est installé à quelques mètres et a commencé à jouer les Gipsy Kings à la guitare.
Vous imaginez la scène ? Nous, face à l’océan, un lion de mer en toile de fond, de la musique, le soleil déclinant… Un de ces instants où l’on se dit que la vie est belle. Vraiment.
Se ressourcer avant la suite
De retour à notre résidence, nous avons pleinement profité des lieux :
- spa extérieur avec vue sur l’océan,
- tournoi de tennis de table,
- loto improvisé (histoire de s’entraîner pour les lotos-rifles à notre retour).
Avant le grand départ, nous avons aussi enfilé nos baskets pour un footing sur la plage, ici difficile de ne pas être motivés dans un tel décor de rêve.

Une transition douce vers l’inconnu
Une fois revenus à Santiago, une dernière séance shopping avant de rejoindre l’aéroport.
Malgré les décorations, l’ambiance de Noël nous semble presque irréelle, nous sommes déconnectés, hors du temps, déjà ailleurs.

C’est vendredi 13. Un jour de chance pour embarquer pour 14 h de vol. Un changement de continent, un nouveau chapitre à vivre.
Une destination où nous fêterons un anniversaire très spécial… et Noël.
Mais chut…
Je vous en dis plus très bientôt. Et vous, êtes-vous superstitieux ?
On se retrouve de l’autre côté du monde.