Entre lacs turquoise, montagnes et imprévus de la route
Le temps était venu de quitter l’île du Nord. Depuis Wellington, nous avons embarqué à bord d’un ferry pour traverser le détroit de Cook. 3 heures de navigation… sur une mer plutôt agitée. La météo capricieuse a retardé le départ, mais pour Célian, l’attente a été vite oubliée : en guise de compensation, un cornet de frites offert à bord. Autant dire que la traversée a commencé sous de bons auspices.
Pendant que le ferry fendait les flots, Célian a passé une bonne partie du trajet à observer un pêcheur professionnel qui préparait minutieusement son matériel. Premiers échanges, premières questions : le voyage, encore une fois, devenait un terrain d’apprentissage bien vivant.

Marlborough Sounds : premières émotions du Sud
L’arrivée dans les Marlborough Sounds fut une claque visuelle.
Des bras de mer entremêlés, des collines verdoyantes plongeant dans l’océan… Une Nouvelle-Zélande plus douce, presque secrète. Après une baignade express dans une crique isolée (méduses obligent), nous avons goûté aux célèbres moules Green Shell, reconnaissables à leur taille impressionnante et à leur saveur iodée.
En empruntant la route sinueuse de French Pass, nous avons découvert l’histoire du dauphin Pelorus Jack, qui, selon la légende, escorta pendant plus de 20 ans les navires dans ce passage aux courants redoutables. Ici, chaque lieu raconte une histoire.

Et puis il y a eu cette rencontre, sur une plage désertique, un homme, son fils et un ami, tous passionnés de pêche qui nous ont invités à monter à bord de leur bateau. Une sortie improvisée, hors programme. Nous avons tous mordu à l’hameçon, ri, partagé… et sommes repartis avec des filets de poisson prêts à cuisiner. Un de ces moments rares, simples et profondément humains, comme je les aime dans le voyage.

« Les souvenirs que nous créons ensemble sont les véritables paysages que l’on emporte. »
Abel Tasman : beauté fulgurante… et frustration
Direction ensuite le parc national Abel Tasman, le plus petit de Nouvelle-Zélande, mais l’un des plus spectaculaires. Jugez par vous-même avec cette galerie de photos…
Nous y sommes arrivés en taxi-bateau, pour une randonnée express de 4 heures. Trop courte, clairement. Les eaux turquoise nous appelaient, mais le timing était serré et le bateau retour n’attendrait pas. Nous avons arpenté les sentiers presque en courant, le cœur partagé entre émerveillement et frustration.







Wanaka : sensations fortes et grands espaces
À Wanaka, ville posée au bord d’un immense lac et entourée de montagnes, la Nouvelle-Zélande a révélé son visage le plus aventurier. ici, été comme hiver les activités ne manquent pas.
En famille, nous avons sauté en parapente. Une sensation de liberté absolue… avant que les instructeurs ne décident de pimenter le vol avec quelques figures bien senties. Résultat : des estomacs bien secoués et des rires nerveux à l’atterrissage mais un souvenir incroyable.



Pour remettre les sens à l’équilibre, direction une lavender farm : champs violets, glace à la lavande même les papilles sont en éveil dans ce site « instagramable ». Nous nous sommes prêtés au jeu et pris la pose dans ce décor atypique.


Après des records de durée ou encore d’altitude en Amérique du Sud, cette région nous a aussi offert un nouveau record : 1 155 mètres de dénivelé positif, lors d’une randonnée de 6 heures commencée à l’aube. L’effort, la fatigue, le silence… et cette sensation grisante d’être pleinement vivant.



Dunedin : l’imprévu qui change la trajectoire
C’est là que les plans ont basculé. Un accident de VTT de descente, une lèvre ouverte, une première prise en charge à Wanaka… puis un départ en urgence pour Dunedin, afin de consulter une clinique spécialisée et éviter toute séquelle visible pour Clément.
Nous avons peu visité la ville, pourtant marquée par son héritage écossais, son architecture victorienne et sa gare mythique, souvent citée comme l’une des plus belles au monde. Pour nous, ce fut surtout une parenthèse de convalescence, face à l’océan, dans la région d’Otago, où lions de mer et manchots aux yeux jaunes viennent parfois s’échouer sur les plages.


Milford Sound : le grand spectacle
Après quelques jours de convalescence, cap sur Milford Sound par la spectaculaire route SH94
pour une croisière au cœur des fjords (16 kms de long), sous un soleil presque miraculeux dans une région qui compte près de 250 jours de pluie par an. Les cascades Lady Bowen Falls (162 m) et Stirling Falls (155 m) se jetaient dans l’eau avec fracas, tandis que les dauphins accompagnaient le bateau et que les otaries à fourrure se prélassaient sur les rochers. Un moment unique, magique.



Lacs et montagnes : l’âme de l’île du Sud
Impossible de quitter l’île du Sud sans évoquer ses lacs.
Le lac Pukaki, d’un bleu turquoise irréel, alimenté par les eaux glaciaires, reflète le Mont Cook, point culminant du pays avec ses 3 724 mètres.
Puis le lac Tekapo et sa petite église iconique.
Ici, nous avons alterné baignades improvisées, randonnées et contemplation pure.








Christchurch : la renaissance
Après 6 semaines de road trip et 5326 kms à travers ce pays, il a fallu rendre Turtle, notre camping-car.
À Christchurch, ville marquée par les séismes de 2010 et 2011, nous avons découvert une cité en reconstruction, étonnamment verte et apaisante. Son jardin botanique de 30 hectares, sa roseraie aux 250 variétés, son tramway historique et la rivière qui traverse le parc nous ont offert un dernier coup de cœur inattendu.




La Nouvelle-Zélande fut une mosaïque de paysages, d’émotions, d’imprévus et de rencontres.
Avant de vous dévoiler notre prochaine destination, je vous proposerai un article plus introspectif : les avantages et les limites de la vie nomade.
Et vous, qu’est-ce qui vous attire le plus dans un voyage : les paysages… ou ce qui se passe en vous en chemin ?