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Ce n’est pas un cocktail. C’est le Perito Moreno. Et c’est mon coup de cœur du tour du monde.

Pour notre 100ème jour de voyage autour du monde, nous avions rendez-vous avec ce que la Patagonie a de plus spectaculaire à offrir : le glacier Perito Moreno. Un nom qui sonne comme un apéritif givré … et pourtant, derrière ces sonorités légères se cache l’un des géants les plus fascinants de la planète.

El Calafate est l’étape incontournable pour l’approcher. Depuis la ville, il faut 1h15 de route pour rejoindre le Parque Nacional Los Glaciares, qui abrite 48 glaciers, dont le plus célèbre : le Perito Moreno, baptisé en hommage à l’explorateur et scientifique argentin Francisco Pascasio Moreno.

Nous avions loué pour l’occasion une petite Toyota Yaris flambant neuve, un vrai carrosse pour cette journée tant attendue. Levés avant l’aube, nous faisions partie des tout premiers à arriver au parking, profitant d’un silence rare et presque solennel.
Il nous a fallu patienter une trentaine de minutes pour acheter les entrées du parc, rien n’est gratuit en Argentine, mais ce moment d’attente s’est transformé en rencontre inspirante avec une famille qui parcourait l’Amérique du Sud en véhicule aménagé avec leurs deux fils et leur chienne.

Entrée du Parc National Los Glaciares près du Perito Moreno en Patagonie, Argentine.
Entrée emblématique du Parc National Los Glaciares, porte d’accès au Perito Moreno.

Une fois les formalités passées, nous avons emprunté la route intérieure du parc. Une succession de panoramas grandioses, où l’on devinait déjà l’immensité du monde de glace que nous allions rencontrer.

Rien, pourtant, ne nous avait préparés au choc visuel du Perito Moreno.

La beauté du monde est la plus grande école du regard. Nicolas Bouvier

Un véritable mur de glace dressé devant nous, d’une puissance presque irréelle. Le glacier mesure 32 kilomètres de long, 5 kilomètres de large et couvre une superficie de 250 km². Mais la partie visible n’est qu’un fragment : seulement 74 mètres émergent hors de l’eau. Imaginez ce qui se cache sous la surface. Un colosse vivant, qui avance, recule, respire et gronde.

Nous avons eu la chance incroyable de le découvrir par un temps magnifique, avec très peu de visiteurs. Tout était réuni pour profiter pleinement du site : l’air pur, la lumière bleutée, le calme environnant, et cette impression d’être face à un monument de la nature qui vous dépasse.

Le parc est parfaitement aménagé. Sur près de 5 kilomètres de passerelles, on peut admirer le glacier sous tous les angles, s’approcher au plus près, et surtout écouter. Car ici, c’est le son qui marque le plus.
Les craquements se transforment en coups de canon, les grondements annoncent la chute d’un bloc, et chacun d’eux laisse une trace émotionnelle. Nous sommes restés de longues minutes immobiles, suspendus à l’attente du prochain effondrement, espérant surprendre ce moment unique où la glace se détache pour rejoindre les eaux du Lago Argentino.

Il est possible d’approcher en bateau et de naviguer autour des icebergs, mais les prix ont flambé ces derniers mois avec l’inflation argentine. Nous avons préféré consacrer notre budget différemment, et sincèrement, les passerelles suffisent largement à vivre une expérience inoubliable.

Pour prolonger la découverte, nous avons visité le Glaciarium, un musée passionnant qui permet de comprendre la formation des glaciers, leur structure, leur avenir fragile. Ce hasard du calendrier tombait parfaitement : Célian abordait au même moment dans son programme de 5ᵉ le chapitre sur « Les actions de l’Homme sur son environnement proche ». Nous avons donc transformé cette visite en véritable support de cours. Le voyage comme prolongement du réel.

Illustration d’un iceberg exposée au Glaciarium, musée des glaciers en Patagonie.
Comprendre les glaciers : une exposition immersive au Glaciarium.

Et comme si la journée n’avait pas été assez insolite, le sous-sol du musée abrite un ice-bar où il fait -10 °C. Nous avons enfilé doudounes et gants pour déguster deux tournées glacées : un Fernet-Coca pour moi, liqueurs fruitées pour Clément, jus d’orange pour Célian. Une expérience givrée, parfaitement dans le thème du jour.

De retour à notre logement, les garçons se sont lancés dans la préparation d’un dîner digne de Top Chef, que nous avons dégusté en terrasse en contemplant les dernières lueurs du soir. Pendant que Clément s’appliquait en cuisine, je me plongeais déjà dans l’organisation de la suite du voyage.
Initialement, nous devions passer du temps en Patagonie chilienne ou dans une estancia. Mais la fatigue commençait à s’installer, les distances devenaient lourdes, et le coût de ces activités s’était envolé. Finalement, nous avons décidé de prolonger notre séjour à Ushuaïa, une décision que nous n’avons jamais regrettée.

Avant de refermer cette journée mémorable, j’ai partagé une danse improvisée avec Clément sur la terrasse, au son d’Édith Piaf. Une façon douce de rester dans le thème : la vie en bleu.

Et puis, pour coller à ce nom qui sonne comme une création de bar, je ne résiste pas à partager une anecdote : au milieu des passerelles du Perito Moreno, Clément a imaginé une recette de cocktail givré inspiré du glacier. Une idée lumineuse qui n’a toujours pas été réalisée depuis notre retour. Peut-être une surprise pour les fêtes de Noël… Vous pouvez compter sur moi pour lui rappeler.

Écrire cet article, comme chaque fois depuis notre retour, m’a offert une parenthèse enchantée. Une façon de revivre ces instants dans ma tête, dans mon cœur et jusque dans mes tripes. Le Perito Moreno fait désormais partie de ces lieux qui vous marquent profondément, et dont l’écho ne s’éteint jamais vraiment.

Alors…
Êtes-vous prêts à nous suivre jusqu’au bout du monde ?
Rendez-vous pour notre prochaine étape : Ushuaïa, la Terre de Feu.


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