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Nous avions quitté Bariloche et poursuivi notre descente vers le sud, toujours le long de la fameuse Route 40, avec un objectif en tête : atteindre le bout du monde, Ushuaïa.
Avant d’arriver à El Chaltén, nous nous étions arrêtés à El Bolsón puis à Esquel, où nous avions profité de superbes randonnées pour nous mettre en jambes avant les sentiers plus exigeants de la Patagonie australe.

C’est d’ailleurs depuis Esquel que nous avions embarqué pour un bus de nuit de presque 24 heures, cela peu sembler interminable et au final c’est probablement l’un des plus beaux trajets du voyage.
Je n’oublierai jamais ce réveil : un lever de soleil sublime, des guanacos qui couraient le long de la route et cette lumière dorée qui baignait tout le paysage au moment précis où j’ai ouvert les yeux. Un cadeau de la vie.

Et puis nous étions arrivés à El Chaltén qui s’est auto-proclamée, la capitale nationale du trekking. Au départ, nous pensions y rester 2 jours car la ville est minuscule, environ 800 habitants, et le treck est la seule raison qui motive les voyageurs à venir ici. Mais la météo capricieuse nous avait obligés à revoir nos plans et à patienter. Avec du recul ce fut une excellente décision !

Panneau d’entrée d’El Chaltén, capitale nationale du trekking en Patagonie argentine.
Le panneau emblématique d’El Chaltén, qui s’est auto-proclamée capitale nationale du trekking, point de départ des plus belles randonnées de Patagonie.

Un village suspendu aux montagnes

El Chaltén porte bien son nom d’origine : la montagne qui fume en langue tehuelche car les nuages s’accrochent presque en permanence au sommet du Fitz Roy, comme un volcan qui fume.
Ce n’est que plus tard qu’il a été rebaptisé Fitz Roy, en hommage à Robert FitzRoy, l’un des premiers explorateurs.

Nous étions logés dans un petit gîte tenu par une famille adorable, propriétaire également d’une petite épicerie attenante, un nid douillet où nous avions enfin pu poser les sacs quelques jours.
Nous avons partagé les lieux avec un ouvrier qui travaillait sur des rénovations, et nous nous sommes rapidement sentis comme à la maison. Nous avons même fait des crêpes, une première depuis longtemps.
Les propriétaires ont particulièrement chouchouté Célian, comme souvent en Amérique du Sud où l’enfant est roi. Nous sommes repartis les poches pleines de gourmandises offertes.

La mise en route : une première randonnée

Pour commencer en douceur, nous avions fait la randonnée de la Senda Chorillo del Salto.
Une belle mise en jambe qui nous avait conduits à une cascade magnifique. Ce n’était pas la randonnée la plus sauvage, il y avait un peu de monde, mais le bruit de l’eau et la douceur du lieu avaient déjà suffi à nous apaiser.

En attendant une fenêtre météo favorable, nous avons alterné escalade, soirée crêpes, apéros autour d’un UNO, devoirs pour Célian, un footing pour moi (que j’ai bien senti, après tant de jours sans courir), et une découverte de la ville sous quelques flocons.

Le grand jour : direction la Laguna de los Tres

Et puis enfin, la météo était avec nous. Pas un ciel bleu parfait, mais aucune pluie annoncée et surtout peu de vent, ce qui est déjà une bénédiction dans cette région.

La navette est venue nous chercher à 8h du mat et nous a déposés 13 kilomètres plus loin, au départ du sentier. Et là, bonne surprise !

Normalement, il faut payer environ 45 000 ARS par personne pour accéder à cette zone du parc.
Une somme importante, surtout pour une famille.

Mais ce matin-là, probablement parce que nous étions dimanche et que nous étions passés avant 9h, il n’y avait aucun ranger au poste d’entrée. Nous n’avons donc rien payé.
Une économie d’environ 130 euros à 3, et un beau petit bonus en début de journée.

Nous avons d’abord marché sur des pierres, puis sur de magnifiques sentiers forestiers.
En approchant du glacier Piedras Blancas, nous avons entendu le fracas impressionnant des blocs de glace qui s’effondraient.
Quand le soleil éclairait le glacier, son bleu devenait presque irréel.
Et par moments, entre deux éclaircies, le Fitz Roy, comme si il jouait à cache-cache, se laissait voir entièrement. Une chance incroyable, lui qui passe la majorité du temps la tête dans les nuages.

L’ascension finale : difficile mais inoubliable

Puis les choses sérieuses ont commencé, enfin surtout pour moi : l’ascension vers la Laguna de los Tres.
Une montée réputée difficile, et je confirme, elle l’est.
Célian et Clément montaient comme des lapins. Pour moi, ce fut une autre histoire. Physiquement exigeant, mentalement aussi. Mais à l’arrivée, un seul mot m’est venu : WAHOU.

Je crois que même les photos ne rendent pas justice à la beauté du lieu, une pure récompense.

Une rencontre inattendue

Juste avant de redescendre, nous avons eu droit à un moment de grâce.
Un renard est apparu, à quelques centimètres seulement, visiblement habitué aux visiteurs.
Miracle, je n’ai même pas eu peur comme c’est souvent le cas depuis le début du voyage, je me sens sereine, en sécurité, moi qui suis d’ordinaire si peureuse je n’ai plus peur de rien ou presque.

Juste après, un aigle immense s’est envolé au-dessus de nous.
Deux rencontres inoubliables, presque irréelles.

Une journée record

Au total, nous avons enchaîné 2 randonnées dans la même journée : Laguna de los Tres le matin, puis Sendero Fitz Roy l’après-midi.
23 kilomètres, plus de 900 mètres de dénivelé cumulé, au niveau rouge.
Un nouveau record pour Célian et pour moi, pas d’altitude cette fois mais de distance.

Heureusement, la fin du parcours était en descente, et mes bâtons de marche ont été mes meilleurs alliés. On dit qu’ils permettent de soulager 30 % du poids dans les jambes. Je confirme et Célian aussi.
Il les a beaucoup appréciés, notamment pour les derniers mètres.

Fin de journée : bière et repos bien mérités

Après cette performance sportive, nous avons célébré autour d’une bière, enfin 2, happy hour oblige, avant de nous offrir un bon repas pour recharger les batteries.
La Patagonie étant très chère, cela faisait longtemps que nous n’avions pas mis les pieds au restaurant. Depuis plusieurs semaines, nous nous étions remis à cuisiner pour limiter les dépenses.

Bons plans transport entre El Chaltén et El Calafate

Avant de quitter El Chaltén pour rejoindre El Calafate, nous avons aussi découvert, un peu malgré nous, un autre aspect très argentin du voyage : le prix des bus, qui change du simple au double selon l’endroit où on achète son billet.

Pour exactement le même trajet, à la même heure et dans le même bus, les tarifs que nous avons trouvés étaient totalement incohérents.
Sur Busbud, le billet était affiché à 277 775 ARS.
Au comptoir de la compagnie Taqsa, il était vendu 222 775 ARS, négociable, et nous avons d’ailleurs obtenu environ 20 % de remise en échange d’un sourire et de quelques arguments.
Mais c’est finalement sur le site chilien Recorrido que nous avons déniché le meilleur prix : 137 778 ARS. Un écart énorme pour une seule et même place.

En Argentine, tout fluctue tellement vite qu’il ne faut jamais se fier au premier prix affiché.
Comparer, négocier, chercher sur plusieurs plateformes (y compris chiliennes)… cela peut réellement faire une différence, surtout en Patagonie où chaque déplacement coûte cher.
C’est un détail qui semble anodin, mais sur un tour du monde, il n’y a pas de petites économies.

Et maintenant, direction l’un de mes plus grands coups de cœur

Le lendemain matin, nous avons repris le bus pour El Calafate.
Et si El Chaltén nous a offert l’effort et la déconnexion, la suite allait nous offrir l’un des plus grands chocs de tout notre tour du monde. Une étape que j’attendais depuis très longtemps : un géant de glace, un paysage vivant, grondant, hypnotisant.

Je vous en parle samedi dans mon prochain article que vous ne voudrez pas manquer.


 Qui traverse la vie voit de nombreuses choses. Qui voyage en voit bien davantage. Proverbe arabe


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