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Il y a des pays qui marquent par leurs paysages et puis il y a ceux qui provoquent un coup d’État intérieur.

Le Chili fait partie de ceux-là. Difficile de fouler cette terre sans penser à son histoire, à ses ruptures brutales, à ce nom qui résonne encore : Pinochet. Ici, le mot coup d’État n’est pas qu’une expression, il appartient à la mémoire collective. Il évoque une bascule, un avant et un après, un moment où tout change, parfois dans la douleur. Et pour nous, en arrivant au Chili, le coup d’État n’a pas été politique, il a été intime, un renversement silencieux.
Celui de nos certitudes, de notre rythme effréné, de cette illusion que l’on pouvait tout voir, tout faire, tout enchaîner sans s’épuiser. Après des mois de voyage, de tensions, de fatigue accumulée, de deuil, d’organisation menée au fil de l’eau, quelque chose s’est imposé : il était temps de changer de cadence et de reprendre le pouvoir sur notre énergie.

Le Chili n’a pas marqué la fin de l’Amérique du Sud par une explosion, mais par un ralentissement, un coup d’État doux, nécessaire, salvateur.

Arriver au Chili : changement de climat immédiat

Après 3 décollages et 3 atterrissages, nous avons enfin posé le pied à Santiago, la capitale de notre dernier pays en Amérique du Sud, un sentiment étrange, mêlé de soulagement, de fatigue… et d’excitation.

Ici, changement radical d’ambiance : nous avons rangé gants, bonnets et pulls pour ressortir shorts, t-shirts et claquettes. Il faisait près de 28 degrés, un vrai bonheur après la Patagonie surtout pour moi qui affectionne la chaleur !
Première évidence : une glace dégustée au soleil. Cela faisait longtemps… et elle avait un goût de vacances.

Après une séance de sport en famille et un barbecue improvisé, nous avons profité de ce beau temps pour partir à la découverte de l’un des incontournables de Santiago.

Santiago vue d’en haut : Cerro San Cristóbal

Direction le Cerro San Cristóbal, que nous aimons appeler le patron des voyageurs.
Pour y accéder, nous avons d’abord emprunté le funiculaire, puis le téléphérique Oasis, notamment pour rejoindre le jardin japonais, nous avons adoré.

Un itinéraire aérien qui nous a permis de survoler Santiago et ses 7 millions d’habitants, et de prendre pleinement conscience de l’immensité de cette mégalopole, qui concentre à elle seule 36 % de la population chilienne.

De là-haut, tout est différent, tu te sens si loin de cette immensité alors que tu n’es qu’à quelques mètres à vol d’oiseau pour contempler la ville qui s’étend à perte de vue, encadrée par les montagnes.

Néanmoins pas de grand dépaysement ici, l’architecture est similaire à nos capitales européennes. On peut même découvrir des réalisation de Gustave Eiffel dont la gare par exemple. Alors nous décidons de changer de cap, direction la vallée du paradis.

Valparaíso : un musée à ciel ouvert

Le lendemain, après 1h30 de bus, nous avons rejoint Valparaíso, Valpo pour les locaux, la capitale culturelle du Chili et là c’est un véritable coup de cœur pour nous.

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2003, Valparaíso est aussi l’un des 3 principaux ports du pays où viennent s’échouer les lions de mer sous les regards des pélicans et des mouettes. Mais au-delà de son rôle économique, c’est surtout une ville qui se vit, qui se ressent.

Nous avons choisi de participer à un free walking tour, pour mieux comprendre l’histoire du Chili mais aussi de cette ville bohème en suivant les traces des conquistadors espagnols.
Découverte par les Espagnols en 1536 (bonne réponse qui m’a valu une spécialité locale offerte par notre guide), Valparaíso tire son nom de la “vallée du paradis”, une appellation qui prend tout son sens lorsqu’on arpente les rues étroites et pentues.

Ici, chaque rue est une galerie d’art. Le street art est omniprésent, engagé, poétique, parfois brut. Les maisons colorées semblent accrochées aux falaises, défiant la gravité, tandis que les artistes travaillent parfois sous nos yeux.

L’ambiance est résolument bohème. On flâne, on observe, on se perd volontairement dans les ruelles escarpées, on lève les yeux sans cesse. Valparaíso ne se visite pas vraiment : elle se vit, à son rythme, avec curiosité et ouverture.

Peu à peu, je compris que la vie est un voyage et que le voyage est la vie. Pablo Neruda

Avant de vous emmener plus loin au Chili, je vous proposerai samedi un article un peu différent.
Un article “coulisses”, pour répondre à une question que l’on me pose souvent :
comment organise-t-on vraiment un tour du monde en famille ?
Entre improvisation, répartition des rôles, imprévus et choix assumés, je vous dirai tout.
Parce que derrière les paysages de carte postale, il y a aussi une vraie mécanique… et beaucoup de liberté.


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